Mon premier semi-marathon à Madrid.

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100 jours c’est le temps qu’il m’a fallu pour me préparer à cette course. Je voulais faire un petit topo du pourquoi et du comment… Je me suis inscrite en octobre dernier, ce qui a fait, bien des fois sourire mon entourage – c’est vrai jusqu’à présent, je n’avais jamais démontré un véritable intérêt pour la course à pied si bien que mon compteur n’avait que rarement dépassé les 5 kms. Alors 21, c’était juste une blague. Sur mon passage, j’ai entraîné mon ami toulousain Rémy et il a vu encore plus grand en s’inscrivant au marathon entier!

Commençons par le commencement. Ceux qui me connaissent personnellement savent mon petit côté tordu avec les dates. Encore une fois, cela n’a pas échappé à la règle puisque 100 jours avant la course, symboliquement, j’ai fait mon inscription dans la salle la plus proche de chez moi. Je me souviens encore l’expression faciale du coach quand je lui ai dit “prépare moi à la course!” (enfin pas dit tout à fait comme ça puisque c’était en espagnol et que cette langue est (toujours) bien souvent une énigme.) Il a juste compris que 100 jours, c’était ce qui me restait alors ce soir là sur le tapis, il me fige une vitesse de 10km/h sur la machine et me conseille d’augmenter la vitesse afin d’accélérer mon rythme cardiaque. Je m’éxécute. Sur le chemin du retour je contacte la jolie Fanny qui a sans doute l’un des Instagram les plus inspirants combinant passion pour la course à pieds, dépassement de soi et paysages méditerranéens. @FannyMesEnvies. Je pense qu’on avance toujours mieux avec les autres et il n’y a de meilleure façon d’appréhender un nouveau chemin qu’avec l’expérience de ceux qui l’ont déjà emprunté* – on gagne du temps et on évite les erreurs. (* la petite astérisque pour rappeler que chaque chemin est différent et qu’il y a toujours des exceptions). J’ai été agréablement surprise de découvrir une personne très chaleureuse, drôle et bien sûr passionnée et c’est comme ça que nos échanges ont commencé. (On croirait presque que je vous parle d’une histoire d’amour épistolaire!). Assez rapidement, la première barre des 10kms a été franchi. Pas si longtemps après cette étape, je me suis sentie pousser des ailes. Moins d’un mois après le début de l’entraînement, un mercredi soir, Rémy me dit qu’il participe à un semi à Madrid le dimanche d’après et m’invite à le rejoindre. Je venais juste d’en faire 10 alors pourquoi pas 21, (“toujours plus”). Je lui ai répondu que si ce samedi j’arrivais à faire 16 kms alors, je m’inscrivais avec lui pour le semi du dimanche suivant. – La logique et moi. Du coup, j’ai couru plus et je suis parvenue à faire 16 kms mais accumulé avec les 10 du mercredi, 10 du jeudi, 8 du vendredi – trop, beaucoup trop. De la coureuse du dimanche une fois tous les quatre mois, je suis passée à la coureuse des soirs de semaine et du weekend. C’est toujours tout ou rien avec moi sauf que là c’était épuisé mon corps et surtout courir comme une débile.

Même avec les conseils des runners expérimentés, j’ai fait mes propres erreurs. À cela suivent deux semaines dans le fin fond de mon lit. Le froid étant bien installé à Madrid, mon corps a besoin de repos et je ne peux absolument rien faire de plus que le minimum de ma routine, je ne peux donc pas participer au semi et revends mon ticket.

Un long weekend de quatre jours à Marseille me remet un peu sur pattes et de retour à Madrid je reprends l’entraînement avec les leçons retenues. Un entretien Marketing et du travail grâce à mon blog s’enchaînent. Ma première course arrive enfin avec 15 kms parcourus en plein soleil. 1h25 de bonheur et un grand sourire à l’arrivée. Nous sommes mi-mars et je suis déjà impatiente pour le semi qui arrive dans une quarantaine de jours. Contre toute attente, j’obtiens le travail en Marketing et l’horaire “matinal” me paraît parfait pour combiner le tout. C’était sans compter le fait que je ne suis pas du matin. Les semaines, les cours et examens défilent mais les sessions d’entraînement se font de plus en plus rares. Mon alimentation est aussi de moins en moins saine. Une journée type c’est partir de la maison à 7h – une heure de transport – travail jusqu’à 14h – une heure de transport pour retourner dans le centre et enchaînement des cours jusqu’à 20h. Si bien que je ne cuisine plus, ce que je mange s’achète chez Carrefour et si possible se mange froid et en marchant. Les fois où j’ai dû cuisiné ne serait-ce qu’un plat de pâtes chez moi se compte sur les doigts d’une main. Je mange en petites quantités mais toute la journée et avec un indice qualité de 0, je dors mal, ne m’entraîne plus, et me sens fatiguée. Résultat: cette diète pas du tout recommendée a raison de ces trois petits kilos stockés sur la balance (et sur les hanches!). Bref je n’ai pas d’excuse. Il existe toujours des options plus saines. J’ai oublié de préciser un détail important, je me suis exilée des fêtes espagnoles ces trois derniers mois, quasiment pas une goutte d’alcool.

Le compte à rebours commence et la pression monte, pas tant la pression des 21 kms mais la pression du moment où je fais face à ma propre déception. Celle d’avoir tout enchaîné, de m’être mal nourri, de n’avoir pas assez dormi, de ne pas m’être assez préparée… L’heure n’est plus à l’exploit, elle est à la limitation des dégâts.

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Le jour J. Ma maman est de visite à Madrid ce weekend là. Elle m’accompagne donc à Alcala où nous retrouvons mon ami Rémy. Mon dossard dit Sass 5 mais je le suis et reste sur le Sass 3. Sorry.

L’adrénaline monte et le challenge est bien là pour tous les deux. Le départ est lancé. 5 minutes après le coup de feu, nous franchissons la ligne de départ. Ravie de courir dans la ville où j’habite depuis bientôt un an, je reconnais les rues et les places. Je vois le panneau 9 kms après 50 min de course, c’était dans les temps que j’espérais: si je continuais à ce rythme, je terminerais la course en 2 heures. Jusqu’au 13ème kilomètre, tout allait plutôt bien, je prenais quelques fois mon téléphone pour prendre des vidéos (oui!) et changer les musiques sur ma playlist si bien qu’un coureur me demande en espagnol si je suis sur WhatsApp – bon, ça allait mais pas de là à faire du shopping en ligne non plus. Le panneau 14 kms est là, je n’avais jamais couru plus de 15kms en course alors je ne sais pas si c’était plus mental ou plus physique mais le déclin a commencé. Je ne reconnaissais plus où on était, des rues aux noms des stations métro, jamais vu. Je me suis rendue compte quand je me suis qu’il me restait 6 kilomètres puis avec un recalcul scientifique sur mes doigts en fait, c’était 7. Et ça faisait une grande différence. 7 longs kilomètres. Le faux plat est bien là, je ralentis, les minutes deviennent de plus en plus longues. Je me suis interdis de marcher mais je prends des ravitaillements d’eaux dès qu’il y a un stop. D’ailleurs, je maîtrise pas encore bien le fait de boire en courant ni le jeté de bouteille. Sur les côtés tout le long de la course, des familles, de tout âge encouragent les coureurs, je tape dans quelques mains d’enfants inconnus et je pense à ma mère qui m’attend (depuis presque le départ) au parc Retiro, point d’arrivée, en me disant qu’elle est pas prête de me voir arriver! Kilomètre 17. Quoi!? Kilomètre 17, encore 4. Les foulées se rétrécissent et je suis convaincue que les organisateurs ont oublié quelques panneaux d’indication kilométrique. Jusqu’au kilomètre 18. Ce fut long et dur mais après 2h10 d’effort je franchis (enfin) la ligne d’arrivée. Je n’ai plus de jambe, je découvre des muscles jusqu’alors inconnus mais j’ai un sourire jusqu’aux oreilles (et une jolie médaille!). Première pensée pour ma maman qui m’a attendu pendant plus de deux heures sous le soleil et premier réflexe sur le chemin pour la retrouver, écrire un message à Fanny pour lui dire que ça y est, c’est fait!

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Un grand moment pour ce mois d’avril et pour cette année 2016, ça ne fait aucun doute. Plus qu’un challenge sportif, c’était avant tout un challenge personnel. Dans la vie, j’aime l’effort pour atteindre un objectif et la course à pied m’a fait réaliser à quel point, “c’est possible”. Une motivation de fer, du soutien et un travail sur soi ainsi que physique, sont des ingrédients essentiels à la réussite. Pour pas rater un seul adage aujourd’hui, je terminerais par l’esprit sain dans un corps sain qui est également une leçon. J’ai bien trop souvent, ces derniers trois mois, épuiser mon corps avec trop d’entraînements – pour la débutante que je suis -, par manque de sommeil ou avec une alimentation très malsaine et bien souvent, la combinaison de ces trois éléments. Chaque fois que je faisais un pas en avant, j’en faisais un en arrière. Un corps sain dans un esprit sain c’est mon nouveau challenge. Je me laisse 100 jours à compter du 20 mai 2016 pour rétablir mon mode de vie. Au programme, réorganisation de mes priorités, rééquilibrage alimentaire, entraînement sportif et adapté. Qui est de la partie !?

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1 Comment

  • Tu es une belle leçon de courage et de détermination ma belle, je suis fière de toi et heureuse de t’avoir accompagnée à ma façon dans cette aventure ♥️ Hate de te revoir !!

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